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Utiliser les moyens informatisés
Utiliser les
moyens informatisés :
quelques conseils pour une exploitation efficace
Donald FYSON
3. Les autres moyens informatisés
d'effectuer la recherche
documentaire
Les bases de données conçues spécialement pour la recherche bibliographique
sont les ressources informatisées les plus importantes pour une
recherche documentaire de niveau universitaire. Toutefois, il arrive
qu'elles ne suffisent pas. Certaines bases de données bibliographiques, par
exemple, ne recensent que les articles; d'autres ne couvrent peut-être pas
l'ensemble de la période, de l'aire géographique ou des thèmes retenus pour une
recherche; enfin, ce ne sont pas toutes les institutions universitaires qui sont
abonnées à toutes les bases de données bibliographiques majeures. Évidemment, on
doit consulter les versions papier et/ou électroniques des guides
bibliographiques et autres instruments de recherche. Mais il existe aussi
d'autres solutions de rechange informatisées qui permettent d'élargir les
recherches.
Il importe d'abord de souligner l'existence d'une autre catégorie de
bases de données qui donnent accès à des informations bibliographiques:
les catalogues informatisés des grandes bibliothèques nationales
disponibles sur le Web. Ces catalogues ne sont pas des instruments
bibliographiques proprement dits, car leur vocation première est de
répertorier le contenu de leur collection particulière: le seul critère
d'inclusion dans la base de données est donc la présence du titre dans
la collection de la bibliothèque, sans présumer de sa qualité. Les
catalogues sont néanmoins fort utiles pour la recherche
bibliographique, car ils permettent d'effectuer des recherches dans les
collections de livres les plus étendues du monde. Par ailleurs, il
existe également des méta-catalogues de bibliothèques qui donnent un
accès consolidé à un ensemble de catalogues de bibliothèques. Enfin,
une autre technique complémentaire de recherche documentaire
informatisée consiste en la
consultation des collections électroniques d'études scientifiques qui permettent une recherche plein-texte
des livres et des articles qui s'y trouvent.
3.1 Les catalogues des grandes bibliothèques nationales
3.1.1 Introduction
3.1.2
Principes de recherche
3.1.3 Exemples
3.2 Les méta-catalogues nationaux et internationaux
3.2.1 Introduction
3.2.2 Exemples
3.3 Les collections électroniques d'études scientifiques
3.3.1
Introduction
3.3.2 Exemples

3.1 Les catalogues des grandes
bibliothèques nationales
3.1.1 Introduction
Les grandes bibliothèques nationales possèdent souvent les collections les plus complètes de leurs territoires
respectifs. Elles ont généralement la vocation expresse de conserver la totalité de la production littéraire
et scientifique du territoire qu'elles desservent, souvent par voie du dépôt légal (qui
oblige les éditeurs sous leur juridiction à leur verser un exemplaire de chaque livre qu'ils publient).
À cette fonction essentielle s'ajoutent souvent deux autres. D'abord, la plupart de ces grandes bibliothèques
nationales ont aussi le mandat d'acquérir des livres édités
à l'étranger, mais écrits par
des membres de la collectivité ou traitant de la collectivité (par exemple, des livres par des
Québécois ou sur le Québec mais publiés ailleurs). Ensuite, certaines ont aussi
comme mandat la constitution d'un dépôt d'information générale au service de la collectivité.
C'est ainsi que les collections des plus grandes bibliothèques nationales, comme celles des États-Unis,
de la France, ou même du Canada, dépassent largement le cadre de la production écrite nationale.
Le résultat concret est que les grandes bibliothèques nationales possèdent des collections
qui sont beaucoup plus complètes que la plupart des bibliothèques
universitaires; ensemble,
elles couvrent la plus grande partie de la production scientifique mondiale.
Les collections de ces grandes institutions ne sont pas facilement
accessibles. Par contre, les versions informatisées des catalogues de plusieurs de ces bibliothèques sont
consultables à distance, par le Web. Ces catalogues constituent une ressource
informatique précieuse qui permet de compléter les données
fournies par les outils bibliographiques proprement dits. À un stade plus
avancé, l'exploitation de ces catalogues peut s'avérer d'une grande utilité dans
la constitution du volet «livres» d'une bibliographie.
Il importe néanmoins de faire certaines mises en garde quant à l'utilisation des catalogues des
bibliothèques, même ceux des grandes bibliothèques nationales, pour la recherche
bibliographique:
- même si les collections des grandes bibliothèques nationales sont collectivement très complètes,
leurs catalogues ne répertorient généralement que les volumes (livres, titres de revues, etc.)
plutôt que les articles ou chapitres qui composent ces volumes. Sont donc
en grande partie absents les articles ou chapitres
individuels dans les revues ou les ouvrages collectifs, qui représentent la plus grande partie de la production
scientifique actuelle. Pour ce qui est des ouvrages collectifs, notamment les recueils d'articles,
l'habitude commence à se prendre dans les catalogues
des bibliothèques (universitaires comme nationales) de donner accès à la
table des matières des livres répertoriés, ce qui permet de prendre
connaissance des auteurs et les titres des chapitres ou articles individuels.
Toutefois, cette
pratique est assez récente et est loin d'être systématique.
- comme la vocation essentielle des catalogues de bibliothèques
est de répertorier
le contenu de leur collection particulière, aucun critère n'est appliqué pour l'inclusion
d'un titre dans la base de données outre sa présence dans la collection de la bibliothèque. Il n'y a donc
aucune garantie de l'exhaustivité de ces catalogues: même les catalogues
des plus grandes bibliothèques nationales comportent parfois des lacunes importantes. De plus, à
la différence de la plupart des bases de données spécialisées en histoire, la présence
d'un titre dans le catalogue d'une grande bibliothèque nationale ne garantit en rien sa qualité:
on y trouve aussi bien des ouvrages de vulgarisation et même des publications à compte d'auteur
(c'est-à-dire des
textes commercialisés par l'auteur lui-même) que des études scientifiques publiées par des
presses universitaires.
- enfin, les capacités de recherche des
catalogues informatisés des grandes bibliothèques nationales sont souvent
plus limitées que celles des bases de données bibliographiques proprement
dites. Par exemple, très peu permettent de limiter la recherche par période
historique et aucun ne comprend systématiquement les résumés des livres
recensés. Par contre, quand les catalogues donnent
accès à la table des matières d'un volume, que cela soit un ouvrage
collectif ou un livre rédigé par un auteur unique, cela permet au chercheur
d'élargir sa connaissance du contenu de l'ouvrage.
Pour ces diverses raisons, la recherche dans ces catalogues ne peut qu'être complémentaire à l'exploitation
des instruments bibliographiques proprement dits, à la fois imprimés et informatisés.
3.1.2 Principes de recherche
Les principes fondamentaux de la recherche dans les bases de données
bibliographiques, présentés dans les autres sections de ce texte,
s'appliquent naturellement à la consultation des catalogues
informatisés. Par contre, chaque catalogue a des caractéristiques et
des modalités de recherche qui lui sont propres; l'utilisateur devra
les découvrir lui-même par ses propres efforts, notamment en pratiquant
des recherches multiples et en consultant les sections Aide ou FAQ. Il
reste qu'entre ces deux niveaux il y a des principes plus généraux
qui s'appliquent à tous les catalogues sans pour autant caractériser
les bases de données
bibliographiques en général.
D'abord, lors de la recherche dans les catalogues de bibliothèques,
il convient de bien distinguer la recherche par mot-clé de la recherche
dite par index. La recherche par mot-clé dans un champ donné (Auteur,
Titre, etc.) donne comme résultat toutes les notices dont le champ
choisi contient le terme recherché. Ainsi, une recherche par mot-clé
pour «Paris» dans le champ Titre produit tous les ouvrages où le mot
Paris figure dans le titre. Par contre, la recherche dite par index (la
nomenclature employée varie selon le catalogue) présente comme résultat
la liste alphabétique de l'index choisi (noms d'auteurs, titres, etc.),
positionnée à l'endroit où s'insère le terme fourni comme critère de
recherche. Habituellement, la liste commence avec le terme alphabétique
qui précède immédiatement le terme recherché et on peut avancer ou
reculer à volonté dans l'index. À noter que les index ignorent
habituellement les articles initiaux (À, Le, Les, The, A, etc.). Ainsi,
dans le catalogue Iris de Bibliothèque et Archives nationales du
Québec, une recherche par index pour «Paris» dans le champ Titre donne
une liste de dix titres: il s'agit d'abord de l'ouvrage Parions une vie!, suivi de cinq
ouvrages avec le titre À Paris et quatre avec le titre Paris. En
avançant à la page suivante des résultats, on trouve dix autres ouvrages avec
le titre Paris,
et ainsi de suite. Pour la recherche bibliographique, la recherche par
mot-clé est de loin la plus utile, bien que la recherche par index
puisse s'avérer efficace dans le cas d'une recherche par auteur.
Par ailleurs, la rigueur dans la formulation de la recherche est
également de mise. Prenons l'exemple de la vérification de la
production scientifique des auteurs identifiés à l'aide des autres
instruments bibliographiques. D'abord, une recherche par nom d'auteur
n'est pas aussi simple qu'il peut paraître, car il faut choisir
son terme de recherche avec précision. Outre les principes de
troncature discutés ailleurs dans ce
texte (une recherche pour «Duby George» risque de ne rien donner, car
son vrai prénom est «Georges»!)
et les noms partagés par plusieurs auteurs, il faut être conscient des
variations possibles dans la
formulation des noms. Ces formulations varient souvent de catalogue en
catalogue, et
parfois à l'intérieur
d'un même catalogue. Par exemple, l'historien anglais Edward Hallett
Carr est plus généralement
connu sous le nom E.H. Carr. Une recherche dans le catalogue Ariane de
l'Université Laval pour «Carr
E.H.» repère facilement ses livres, mais une recherche identique dans
le catalogue de la Library of Congress (LC) est infructueuse: dans ce dernier,
c'est son nom au complet qui doit être utilisé. En contrepartie, une
recherche pour «Thompson
E.P.» (la forme la plus commune du nom de l'historien anglais Edward
Palmer Thompson) dans le catalogue de
la LC est fructueuse, mais ne produit aucun résultat dans le catalogue
de la Bibliothèque nationale de France; dans cette dernière, les livres
de
cet auteur se trouvent à la fois sous «Thompson, Edward Palmer» et
«Thompson, Edward Palmer
(1924-1993)». De la même façon, dans Ariane comme dans le catalogue de
la LC, les notices concernant
l'historien québécois Jean-Claude Robert sont divisées entre «Robert,
Jean Claude»
et «Robert, Jean-Claude»; dans l'index alphabétique des noms d'auteurs,
ces noms sont séparés
par quelques dizaines de lignes.
Ces variations de noms mises à part, il importe également d'être conscient du fait
qu'une recherche par nom d'auteur dans la plupart des catalogues informatisés trouvera non seulement les livres écrits
par cet auteur, mais aussi ceux auxquels il ou elle a contribué autrement: par exemple, comme directeur
(en anglais, editor)
dans le cas d'un ouvrage collectif, comme
préfacier, etc. Il faut
également garder à l'esprit que les catalogues de bibliothèques
comprennent aussi des fiches individuelles
pour les rééditions, les traductions, les imprimés qui ne sont pas des
livres et, de plus
en plus souvent, des publications non imprimées. Tout cela signifie que
la quantité brute de notices
trouvées n'est pas une indication fiable de la production scientifique
d'un auteur. Par exemple, une recherche dans le catalogue de la
bibliothèque de l'Université Laval pour l'auteur «Duby Georges» produit
92 notices; cela n'implique pas pour autant que Georges
Duby ait écrit 92 livres, car parmi ces 92 notices on compte en fait
une vingtaine de livres différents
écrits entièrement ou en bonne partie par Duby. Pour «Le Roy Ladurie
Emmanuel», c'est
une dizaine de livres parmi 63 notices; dans le catalogue de la BnF, ce
dernier compte plus de trois cents notices, dont seulement une
vingtaine de livres de sa plume. Ce sont tout de même des productions
scientifiques extraordinaires,
mais pas au rythme de deux, trois ou quatre livres par an! Un examen
attentif de chaque notice bibliographique s'avère donc nécessaire.
3.1.3 Exemples
Voici quelques exemples de catalogues importants de grandes bibliothèques
nationales. Il est à noter que les procédures, chiffres, etc. mentionnés dans ce document
reflètent l'état des catalogues au moment de la rédaction de ce texte
(été 2008).
Bibliothèque et Archives nationales du Québec:
Iris
Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ),
dont la composante bibliothèque se situe à Montréal, est le dépôt légal
pour tous les éditeurs québécois. À ce rôle fondamental s'ajoute une
double vocation: faire l'acquisition rétrospective du patrimoine
documentaire québécois et acquérir les documents publiés à l'extérieur
du Québec lorsqu'ils concernent le Québec. Cette institution n'a pas,
par contre, le mandat de développer une collection plus générale; son
apport se limite donc surtout à des sujets en histoire du Québec. Le
catalogue informatisé de BaNQ, Iris, comprend notamment des notices
bibliographiques pour sa collection de plus de 4,5 millions de documents, dont près de 500
000 livres. Pour démarrer la recherche, cliquer sur le lien «Catalogue Iris», en
haut de la page d'accueil. Le bouton «Combiné», en haut et à droite de l'écran de recherche, permet des requêtes plus
complexes. La recherche par mots-clés est sélectionnée par défaut; on
accède à la recherche par
index en choisissant l'option «Liste alphabétique».
Bibliothèque et Archives Canada:
AMICUS
Bibliothèque et Archives Canada (BAC), située à Ottawa,
est le dépôt légal pour tous les éditeurs canadiens, y compris ceux du
Québec. Comme BaNQ, elle a aussi le mandat d'acquérir des exemplaires
de chaque publication publiée au Canada, ou concernant le Canada. BAC
est notamment l'endroit où sont déposés tous les mémoires et thèses
produits au Canada. BAC a aussi une collection générale qui dépasse le
Canada, mais le développement de celle-ci n'est pas une priorité.
L'apport du catalogue de BAC est donc important surtout pour l'histoire
du Canada et du Québec. Le catalogue informatisé de BAC, disponible par
l'interface AMICUS, comprend plusieurs millions de notices
bibliographiques,
y compris l'ensemble de ses collections d'imprimés, des origines à nos
jours. Pour démarrer la recherche, cliquer sur le bouton «Recherchez
AMICUS». À noter qu'AMICUS est en même temps le méta-catalogue du
Canada (voir ci-dessous); pour limiter la recherche aux collections de
BAC (ce qui est souvent plus efficace), choisir l'option «Coll.
Bibliothèque nationale». Il existe également une interface de recherche
alternative
ici qui, à long terme, risque de remplacer l'interface actuelle d'AMICUS.
Dans les deux cas, il est préférable d'utiliser l'option de recherche
avancée, la seule qui permet une recherche à travers tous les champs des
notices. Les champs (Auteur, Titre, etc.) portent soit la mention «mot-clé»,
soit la mention «balayer», cette dernière indiquant une recherche par index.
Bibliothèque nationale de France:
BN-OPALE
Plus
La Bibliothèque nationale de France (BnF), située à
Paris, est le dépôt
légal pour tous les livres imprimés en France et fait en outre
l'acquisition d'un grand nombre d'autres
livres, surtout en français mais aussi dans d'autres langues. Quoique
la nouvelle mission de la BnF, telle
qu'annoncée en 1988, soit de «couvrir tous les champs de la
connaissance», elle est surtout
riche en histoire de France et en histoire européenne - par exemple,
elle est faible en histoire
du Québec. Elle complète donc bien la LC pour l'histoire européenne. Le
catalogue informatisé de la BnF, BN-OPALE Plus, comprend environ 8,5
millions de notices, soit la
quasi-totalité des documents imprimés présents à la BnF; selon la BnF,
il s'agirait de «la plus importante base de données en langue
française». Les deux options de recherche, «commence par» et «contient
le(s) mot(s)», correspondent respectivement à la recherche par index et
la recherche par mot-clé; à noter que la recherche par index est
sélectionnée par défaut.
Bibliothèque du Congrès:
Library of Congress Online Catalog
La Bibliothèque du Congrès, ou Library of Congress (LC), située à
Washington, est la plus grande bibliothèque du monde, avec quelque 20 millions de
livres (dans une collection de presque 140 millions de
documents de toute nature). Sa mission
va bien au-delà de l'acquisition de livres ayant un rapport avec les États-Unis, car son mandat s'étend
à la constitution d'une «collection universelle de la connaissance humaine»; la LC
affirme être la
seule institution du monde ayant cette vocation universelle et, de fait, environ la moitié de ses livres
sont dans des langues autres que l'anglais. Les collections de la LC ne sont toutefois pas entièrement exhaustives
et l'exploitation de son catalogue doit être complétée par des recherches dans les catalogues
d'autres bibliothèques nationales, selon les sujets. Le catalogue informatisé de la LC, le Library of Congress Online Catalog, comprend
tous les livres catalogués depuis 1980 et une partie de ceux catalogués depuis
1898. L'option «Guided Search» est la plus utile pour la recherche
documentaire; l'option «Basic Search» permet entre autres de faire une
recherche par index (options «Browse» ou «Begins With»).

3.2 Les méta-catalogues nationaux
et internationaux
3.2.1 Introduction
Les méta-catalogues permettent d'interroger simultanément de multiples
catalogues de bibliothèques à partir d'une même interface de recherche. Il
existe des outils informatiques spécialisés qui permettent d'effectuer une
opération semblable: par exemple, des logiciels comme
EndNote ou
BookWhere. Toutefois, il s'agit de solutions payantes qui nécessitent
pour la plupart l'installation de logiciels, tandis que les méta-catalogues ne
requièrent qu'un
navigateur Web.
L'avantage de telles ressources est évident, car elles permettent d'élargir
considérablement la portée de la recherche documentaire. De plus, les méta-catalogues nationaux sont le plus souvent l'oeuvre d'associations
professionnelles de bibliothécaires et regroupent généralement les catalogues
des bibliothèques (universitaires et autres) les plus importantes du pays, y
compris celui de la bibliothèque nationale correspondante. Il est peu probable qu'une étude ou un auteur
quelconques, liés de près ou de loin à l'espace national
concerné, échappent à ces ensembles de catalogues.
Les principes de recherche dans les méta-catalogues sont
essentiellement les mêmes que pour les catalogues des grandes
bibliothèques nationales. Toutefois, quelques mises en garde s'imposent
quant à l'utilisation des méta-catalogues:
- les méta-catalogues étant composés des catalogues
informatisés individuels des bibliothèques participantes, ils souffrent
des mêmes limites que ces catalogues; voir à cet égard la discussion
des catalogues des grandes bibliothèques nationales ci-dessus. Par
ailleurs, rien ne garantit que l'ensemble des collections des
bibliothèques participantes soient incluses dans leur intégralité dans
le méta-catalogue; cela dépend entre autres de la nature du transfert
initial des informations, de la fréquence des mises à jour du
méta-catalogue, etc.;
- les modalités de recherche dans les méta-catalogues sont parfois plus
limitées que celles des catalogues des bibliothèques qui les composent, et les
résultats moins détaillés;
- la fusion du contenu des catalogues de plusieurs bibliothèques
différentes entraîne évidemment la multiplication des notices bibliographiques portant sur un ouvrage donné,
ce qui vient alourdir la tâche du chercheur: bien que la plupart des méta-catalogues
tentent d'éliminer les notices redondantes de la liste des résultats, cette
opération n'est jamais parfaitement réussie, laissant souvent deux, trois ou
même dix notices distinctes pour le même ouvrage. Par conséquent, les
résultats d'une requête sont parfois tellement nombreux qu'ils en deviennent
pratiquement inutilisables;
- la recherche dans plusieurs méta-catalogues est beaucoup plus lente que
dans les catalogues des institutions individuelles, ce qui peut être frustrant
pour l'utilisateur.
Pour
toutes ces raisons, il est parfois plus efficace de consulter d'abord les
catalogues des grandes bibliothèques nationales, puis d'utiliser les méta-catalogues dans un second temps.
Mais il ne s'agit pas d'une règle absolue et à l'usage, chacun développera des préférences personnelles.
3.2.2 Exemples
Voici quelques exemples de méta-catalogues importants. Il est
à noter que les procédures, chiffres, etc. mentionnés dans ce document
reflètent l'état des catalogues au moment de la rédaction de ce texte,
en 2008.
Québec:
Catalogue des
bibliothèques du Québec
Le Catalogue des bibliothèques du Québec, produit par BAnQ, permet
une recherche à travers les catalogues de la plupart des bibliothèques
universitaires, collégiales, gouvernementales et publiques du Québec, de même
que le catalogue de BAnQ lui-même. La recherche dans ce méta-catalogue est
toutefois passablement lente (du moins au moment de
rédiger ce texte), et
malgré la fonction «Fusion des doublons», il présente de très nombreuses
notices redondantes.
Cela réduit l'utilité de cet outil, mais il
peut tout de même servir pour des compléments de recherche plus ciblés.
L'utilisation de la recherche avancée est essentielle. Il est à noter que la
recherche plein-texte s'effectue avec l'option «Dépouillement».
Canada:
AMICUS
AMICUS (voir ci-dessus) est non seulement l'interface du catalogue
de BAC, mais
sert en même temps de méta-catalogue du Canada, avec plus de 30 millions
de notices provenant de plus de 1 300 bibliothèques canadiennes, dont BAC, BAnQ
et la plupart des bibliothèques
universitaires. Pour chercher dans l'ensemble d'AMICUS, choisir l'option «Base
de données AMICUS». Bien qu'AMICUS tente de regrouper les notices individuelles
pour éliminer les doublons, il a tout de même tendance à afficher plusieurs
notices pour un même ouvrage, ce qui peut ralentir le processus de recherche et
de sélection des notices. Il existe également une interface de recherche
alternative
ici qui, à long terme, risque de remplacer l'interface actuelle d'AMICUS.
Dans les deux cas, il est préférable d'utiliser l'option de recherche
avancée.
France:
Catalogue
collectif de France (CCFr)
Le
Catalogue collectif de France (CCFr),
produit par le Ministère de la Culture et le Ministère de l'Éducation nationale,
regroupe les notices du catalogue de la BnF, de Sudoc (Système universitaire de
documentation), qui est le catalogue des bibliothèques de l'enseignement
supérieur, et des fonds d'une soixantaine de bibliothèques municipales et
spécialisées. Il comprend au total
les notices descriptives de plus de 20 millions de documents. Le CCFr présente toutefois
certains désavantages qui limitent son utilité:
le traitement des requêtes est assez lent; le CCFr ne permet aucune
recherche globale ou par sujet (la recherche bibliographique proprement dite est
limitée à l'auteur et au titre); enfin, même lorsque l'option «Fusionner les
résultats» est activée, le système affiche de nombreux doublons. Il est donc à
utiliser surtout pour des recherches très ciblées.
Royaume-Uni:
COPAC
Le méta-catalogue du Consortium of University Research Libraries
(CURL) du Royaume-Uni, COPAC, est alimenté par les catalogues d'une
soixantaine de bibliothèques parmi les plus importantes du Royaume-Uni,
y compris la British Library, les
bibliothèques des universités d'Oxford, Cambridge et Édimbourg, etc. Le
catalogue comprend quelque 32 millions de notices. Le contenu est particulièrement riche en histoire britannique,
américaine
et européenne mais couvre néanmoins l'ensemble de l'histoire humaine. COPAC
cherche à regrouper les notices individuelles afin d'éliminer les doublons, mais
affiche malgré tout un certain nombre de notices
redondantes.
Europe:
La bibliothèque européenne
La bibliothèque européenne (European Library) est le méta-catalogue des
bibliothèques nationales européennes. Ce méta-catalogue donne un accès consolidé
aux catalogues des bibliothèques nationales d'une trentaine de pays européens et
regroupe environ 150 millions de notices bibliographiques. Il est à noter que
l'interface est en anglais par défaut; on peut sélectionner le
français comme langue d'interface, mais une partie du
formulaire (et certaines pages d'aide) ne sont disponibles qu'en anglais.
Monde:
WorldCat
Le méta-catalogue WorldCat, offert par OCLC (Online Computer Library Center,
un organisme à but non lucratif créé par les bibliothécaires), donne accès à
plus de 100 millions de notices bibliographiques (principalement des livres et des
articles) tirées de plus de 10 000 bibliothèques à travers le monde (mais
surtout en Amérique du Nord), y compris bon nombre de bibliothèques
universitaires et nationales (à l'exclusion, toutefois, des catalogues de certaines grandes
bibliothèques nationales comme la BnF ou encore BAC). Bien qu'il propose une
recherche de livres et d'articles à la fois, pour le moment seule la recherche de livres est suffisamment complète pour être
utile. La recherche avancée permet entre autres de
faire des recherches limitées aux champs Auteur, Titre ou Sujet et de restreindre les
résultats par date de publication. Les références aux ouvrages sont généralement
regroupées, ce qui permet d'éviter les listes interminables de doublons, mais
l'identification des «éditions» différentes est confondante. L'information
bibliographique de base présentée est lacunaire; il est essentiel de cliquer
sur l'onglet «Détails» pour obtenir l'information complète.
À noter que si l'utilisateur fournit son code postal,
WorldCat présente une liste des exemplaires de l'ouvrage dans les bibliothèques
les plus rapprochées, ce qui peut être pratique pour la consultation ou pour
effectuer une demande de prêt entre bibliothèques. Toutefois, les résultats
fournis sont souvent incomplets et donc l'absence apparente d'un exemplaire dans
une bibliothèque locale ne dispense pas le chercheur d'une vérification dans le
catalogue de cette bibliothèque ou dans un des autres méta-catalogues. WorldCat,
bien que très utile, doit donc être manié avec plusieurs
précautions.

3.3 Les collections électroniques
d'études scientifiques
3.3.1 Introduction
Au-delà de la recherche dans les catalogues et les méta-catalogues, un autre
moyen souvent utile d'alimenter une recherche documentaire
consiste à consulter les collections électroniques d'études
scientifiques qui permettent une recherche plein-texte à travers leur
contenu. Il ne s'agit pas de faire une recherche pour les articles ou
livres qui sont stockés dans ces collections à partir de leurs titres
ou leurs résumés; généralement, ils sont déjà recensés dans les
instruments bibliographiques habituels. L'objectif est plutôt
d'effectuer une recherche dans l'ensemble du texte de ces articles et
livres. Une telle stratégie peut être fructueuse à plusieurs égards.
D'abord, elle permet bien entendu de repérer des études qui n'auraient pas été repérées autrement: par
exemple, un livre dont le titre et la description ne
semblent pas liés au sujet qui nous intéresse, mais qui contient néanmoins une section entière qui
en discute. Cela peut arriver plus fréquemment qu'on
ne
serait porté à le
croire. Mais
au-delà de ce type de recherche assez évident, les collections électroniques
d'études scientifiques peuvent rendre d'autres services. Notamment, les études
savantes comprennent presque toujours un appareil de référence (des notes, une
bibliographie ou les deux). Une recherche dans ces collections peut
donc être l'équivalent de la consultation des notes et des bibliographies des
études spécialisées, moyen par excellence (dans le monde imprimé comme dans le
monde informatisé) d'étendre la portée de ses recherches bibliographiques.
Accessoirement, la recherche plein-texte dans les revues scientifiques permet
également de repérer les livres dont on a résumé le contenu dans les comptes
rendus.
Dans le cas de la recherche plein-texte dans les collections électroniques
d'études scientifiques, compte tenu de l'énorme masse
documentaire indexée, il est préférable de s'en tenir à des stratégies de recherche très
ciblées: par exemple, un événement ou un personnage très
spécifique, ou
un auteur, spécialiste de la question qui nous intéresse, dont on aimerait
vérifier l'ensemble de la production scientifique. Une recherche pour
«Conquête», par contre, ou même pour «Fernand Braudel», risque de donner beaucoup
trop de résultats pour être utile ...
Par ailleurs, à l'exception de Google Recherche de livres, les collections
dont le contenu est d'une bonne qualité scientifique et d'une ampleur
suffisante pour mériter qu'on
s'y attarde sont presque
toutes payantes. Comme la plupart des bases de données bibliographiques, elles
ne sont donc accessibles qu'aux membres des institutions abonnées.
3.3.2 Exemples
Voici deux exemples de collections électroniques importantes d'études scientifiques,
avec une forte représentation d'études historiennes, qui
permettent la recherche plein-texte:
JSTOR
Il s'agit de la plus grande collection de revues scientifiques disponibles avec
recherche plein-texte, parmi lesquelles on trouve un
nombre important de revues d'histoire (mais
surtout de langue anglaise). L'interface n'est disponible
qu'en anglais; la recherche avancée est essentielle pour bien contrôler
les résultats. Entre autres, il est utile de limiter ses recherches selon la ou les disciplines
concernées (sans forcément s'en tenir à «History» ...). L'option «Page of
First Match» permet d'aller directement à la page de l'article contenant le
terme recherché, qui est également surligné en jaune. Ensuite, le lien «View
list of pages with search term(s)» permet d'identifier les autres pages
pertinentes de l'article.
Google
Recherche de livres (GoogleBooks)
Bien qu'il s'agisse d'une initiative controversée d'une entreprise commerciale,
contestée par quantité d'éditeurs, Google Recherche de livres (GoogleBooks)
fournit tout de même un accès inégalé au contenu plein-texte d'un nombre
considérable de livres scientifiques, y compris des livres récents d'intérêt
pour les historiens. Cette ressource a également l'avantage d'être entièrement
gratuite. En effectuant une recherche plein-texte dans Google Recherche de
livres (avec l'option de recherche avancée), il est sage de sélectionner
l'option «Aperçu limité et affichage du livre entier», puisque cela limite les
résultats aux livres dont la consultation des pages
est possible. Comme dans JSTOR, le terme recherché est surligné en jaune et une
liste des pages contenant ce terme est fournie à droite. Il faut tout de même garder à l'esprit que pour la plupart des livres,
et notamment les livres récents, encore protégés par le
droit d'auteur ou pour lesquels l'éditeur n’a pas concédé un droit de
reproduction intégrale, seul un nombre restreint et
variable de pages peut être affiché.
D'autres collections semblables peuvent également être utiles pour les
historiens: par exemple, Érudit,
History Cooperative,
Periodicals
Archive Online, ProQuest,
ou
Academic Search Premier. À condition, bien sûr, que votre institution y soit
abonnée ...
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