Définir et documenter en histoire
Joseph-Claude POULIN
avec la collaboration de Donald FYSON
(2008)
Note: dans le texte qui suit, les hyperliens de couleur orange conduisent à
des définitions des termes soulignés, regroupées dans un glossaire.
B. OÙ ET COMMENT TROUVER
CE QU'ON CHERCHE?
Une fois le sujet bien campé dans l’espace et le temps, le thème reconnu dans ses composantes principales et le questionnement précisé, la recherche bibliographique proprement dite va pouvoir commencer en connaissance de cause. Cette opération se laisse découper en deux étapes logiques :
- chercher quoi? À quoi ressembleront les études spéciales à trouver?
- chercher avec quoi? Comment s’y prendre pour retracer dans un délai raisonnable les meilleurs travaux publiés par les spécialistes sur les questions soulevées par le thème de recherche sous l’angle choisi?
1) Chercher quoi?
Réponse : des travaux spécialisés sous forme de livre (rédigé par un ou plusieurs auteurs), de chapitre dans un ouvrage collectif ou d’article dans une revue savante – ou leur équivalent en ligne. Histoire-Hypermédia ne consacre pas de répertoire portant sur les mémoires et les thèses, parce qu’ils sont difficiles à consulter pour les étudiants de premier cycle; ces travaux peuvent néanmoins être très utiles pour certains champs moins bien couverts par les études spécialisées, comme l’histoire du Québec, car les mémoires et thèses produits au Québec sont généralement accessibles par l’entremise des bibliothèques universitaires.
Truc du métier
Les titres des publications pertinentes aux besoins de l’enquête ne portent par nécessairement l’un ou l’autre des mots-clés définis pour guider la recherche documentaire; il faut apprendre à reconnaître la pertinence de travaux aux intitulés plus larges. Mais pour ce faire, il faut d’abord savoir ce qu’on cherche!
Tentation à éviter
- Chercher à mettre la main sur l’étude qui donne LA réponse à la question posée : LA réponse n’existe tout simplement pas.
- Se limiter à ce qui est accessible en ligne. D’ici à ce que tout le patrimoine imprimé mondial soit disponible en ligne (un horizon encore lointain), se limiter à ce qui est consultable à partir d’un ordinateur débouchera sur une recherche – donc une réponse – très partielle, qui risque d’ignorer les ouvrages classiques sur un sujet.
a) Parmi les ouvrages spécialisés, on
distingue deux catégories principales:
- les monographies (
ouvrage sur un sujet précis, généralement signé par un auteur unique et
- les ouvrages collectifs (recueil d’études par plusieurs auteurs). Les contributions individuelles réunies dans ces derniers ne sont habituellement pas détaillées par auteur dans les fichiers des bibliothèques (quoique cette pratique commence à s’implanter; c’est de plus en plus la norme pour les ouvrages récents); il faut donc apprendre à les retracer autrement.
Ces études contiennent habituellement des bibliographies très utiles pour la constitution d’une bibliographie finale sélective sur un sujet donné.
À cette étape, il devient progressivement possible de reconnaître et surveiller particulièrement les noms des auteurs les plus connus et recommandables sur un sujet donné, selon l’avis de leurs pairs qui tendent à y renvoyer régulièrement dans leurs bibliographies.
b) articles de revues scientifiques:
En plus des revues d'histoire générale,
il en existe un grand nombre qui se concentrent sur l’histoire d’une période, d’une région ou d’une thématique. Il n’est pas question de dépouiller à la main une à une les revues où auraient pu paraître des travaux pertinents à une recherche particulière : il y en a des milliers! ABC-Clio recense à elle seule près de 5,000 périodiques. Trois moyens principaux s’offrent pour repérer les études publiées dans des revues scientifiques :
- les bibliographies rétrospectives et courantes;
- les index publiés par les revues elles-mêmes, pour faciliter l’accès à leur contenu accumulé pendant des décennies;
- les collections de revues scientifiques diffusées par Internet et accessibles par abonnement dans les bibliothèques universitaires. Elles comprennent souvent leur propre moteur de recherche; ainsi JSTOR, ProQuest, Érudit…
Le premier de ces moyens est présenté sur ce site dans la section consacrée aux instruments bibliographiques.
Il faut également penser à se servir des renvois faits aux revues dans les bibliographies et les notes des publications spécialisées récentes.
2) Chercher avec quoi?
Réponse: en combinant plusieurs types de publications.
Pour retrouver les publications que l'étudiante retiendra dans sa bibliographie, il faut mettre en œuvre
les deux groupes de publications suivants:
- manuels généraux et synthèses
d'ensemble; dictionnaires, encyclopédies
et lexiques spécialisés; atlas;
- instruments bibliographiques
proprement dits.
Les mots-clés dégagés au cours des premières lectures préparatoires peuvent déjà guider l’interrogation des bases de données bibliographiques; le repérage des instruments de travail les mieux adaptés aux besoins de la recherche en cours se trouve ainsi grandement facilité.
a) la première famille d'instruments de travail,
déjà utilisée pendant la phase de préparation de la recherche, peut encore rendre des services,
- soit pour y parcourir des exposés plus étoffés ou plus spécialisés que ceux qui ont servi à la mise en place initiale du sujet de recherche ou à la définition de l’orientation de l’enquête;
- soit pour revenir sur certains aspects de la question, sous-estimés au départ, mais dont l’importance s’est ensuite révélée au cours de lectures plus poussées;
- soit pour perfectionner les listes de mots-clés et de vedettes-matière qui serviront ensuite de guides dans
l'enquête bibliographique.
b) les instruments bibliographiques proprement dits: pour un exposé sur leur nature et les conditions de leur exploitation, cliquer ici.
Près de 150 instruments bibliographiques – tant imprimés qu’informatisés – ont été regroupés et analysés dans Histoire-Hypermédia ; à partir de la boussole des instruments bibliographiques, l’étudiant identifiera ceux qui présentent l’utilité la plus directe pour son enquête bibliographique; il consultera tant les bibliographies d’histoire générale que celles qui sont spécialisées dans une période ou un domaine historique en particulier, en fonction des besoins du moment.
Les répertoires bibliographiques renvoient à des travaux qui se présentent bien souvent sous la forme d’articles de revues scientifiques ou de contributions à des ouvrages collectifs; il ne faut donc pas entamer une recherche bibliographique avec l’idée de s’en tenir aux monographies. Mais les catalogues de bibliothèque ne recensent sous les noms d’auteurs que des monographies, pas des articles; pour retracer ces derniers sur les rayons d’une bibliothèque, il faut chercher d’abord par le nom de la revue ou de l’ouvrage collectif (Revue de..., Actes du Congrès..., Mélanges en l’honneur de...), pas par le nom de l’auteur d’un article.
En combinant une telle variété d’instruments de travail, l’étudiant pourra rejoindre et tamiser la production accumulée par les générations antérieures d’historiens professionnels, pour en tirer le meilleur relativement à un objet d’étude (sous un angle déterminé), y compris les publications les plus récentes.
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